Dienstag aus Licht

Opéra

Karlheinz Stockhausen (1928-2007)
Dienstag aus Licht (1977-1991) [Mardi de Lumière]

opéra en un salut, deux actes et un adieu, pour dix-sept solistes, acteurs, chœur « orchestre européen », bande, chef d’orchestre et un sonorisateur // Opera in a greeting and two acts with farewell for 17 musical performers, actors, choir, ‘european orchestra’, tape, conductor & sound projectionnist.[Tuesday from Light]

nouvelle production Le Balcon,
coproduction Philharmonie de Paris, Festival d’Automne à Paris
date prévisionnelle 23 octobre 2020
durée approximative : 3h (1 entracte inclus)

Dienstag aus Licht est le quatrième des sept opéras de Karlheinz Stockhausen réunis sous le titre LICHT. Opéra le plus court du cycle (2h30 de musique), il met en scène l’opposition entre deux des trois grands archétypes imaginés par le compositeur : Lucifer et Michael.

Dienstag est le jour de la guerre, de la folie meurtrière des hommes, de la pitié qu’elle engendre. Le premier acte de l’opéra, Jahreslauf (« La Course de l’année »), est la première scène que Stockhausen a écrit pour le cycle LICHT, en 1977. Elle présente de manière à la fois spectaculaire, comique et cérémonielle, un postulat philosophique majeur du compositeur : c’est la musique qui produit le temps, et non l’inverse. En tant que pièce indépendante, fut composée pour instruments japonais – à destination de l’Ensemble Impérial de Gagaku – ; la version opératique est écrite pour un orchestre européen composé d’harmoniums, flûtes, saxophones, guitare électrique, clavecin et percussions.

Le deuxième acte est une méditation tragique sur la guerre. Le public, immergé dans un cube de son, est comme piégé par les bombardements. Au milieu de cet acte guerrier résonne un cri, une plainte déchirante, celle d’Eva tenant dans ses bras le musicien ensanglanté. On y ressent avec émotion la pitié qu’inspire la guerre à Stockhausen, lui qui a perdu ses deux parents pendant la Seconde guerre Mondiale.

Dienstag résonne en chacun d’entre nous : on y lit la fulgurance du coup de feu, la tristesse de la perte, l’amertume de la destruction, avant l’exploration finale d’un au-delà mythique.

Dienstag aus Licht (‘Tuesday from Light’) is the fourth opera, part of a seven operas cycle written by Karlheinz Stockhausen as part of the LICHT cycle. It stages the confrontation between Michael and Lucifer, two of the three main archetypal characters of the story.

The first act, the Course of the Year, is the first scene Stockhausen has composed for LICHT, in 1977. It shows in both a comic and ceremonial way a major philosophical idea: music produces time, and not the contrary. The first version was written for japanese instruments only, played by the Imperial Gagaku ensemble ; a strong influence you can still hear in this second ‘operatic’ version, written for western instruments.

Act II, Invasion – Explosion, is a tragic meditation on war. The audience is immersed in a cube of sound, like trapped inside war bombings. In the middle of this war battle, a scream can be heard : Eve’s harrowing scream, holding the wounded Michael in her arms.

Dienstag resonates in all of us : beyond the battle, the fire, the fury, the blood and the terrifying sound set-up lies, in the end, an exploration of a mythical heavens.

Salut du Mardi | Tuesday’s Greeting
20mn

1 soprano solo | 1 solo soprano
9 trompettes | 9 trumpets
9 trombones | 9 trombones
2 synthétiseurs | 2 synthesizers
1 chœur | 1 choir
1 chef d’orchestre avec 1 assistant | 1 conductor & assistant

Acte 1 : Le Course de l’année | Course of the year
57mn

1 ténor | 1 tenor
1 basse | 1 bass
4 danseurs | 4 performers
1 acteur-chanteur | 1 actor-singer
3 acteurs  | 3 actors
1 petite fille | 1 little girl
1 femme plantureuse | 1 ‘beautiful woman’
1 « orchestre européen » : 3 harmoniums, 3 flûtes, 3 saxophones sopranos, une guitare électrique, 1 clavecin, 3 percussionnistes |1 ‘european orchestra’ : 3 harmoniums, 3 flutes, 3 soprano saxophones, 1 electric guitar, 1 harpsichord, 3 percussionnists.
1 sonorisateur | 1 sound projectionist

Acte II | Invasion – Explosion avec Adieu| Invasion – Explosion with Farewell
1h15

1 soprano | 1 soprano
1 ténor | 1 tenor
1 basse | 1 bass
3 trompettes solo (la 1ère joue du bugle solo) | 3 solo trumpets (1st trumpet plays the solo flugelhorn)
3 trombones | 3 trombones
2 synthétiseurs | 2 synthesizer players
2 percussionnistes | 2 percussionists
6 trompettes tutti | 6 tutti trumpets
6 trombones tutti | 6 tutti trombones
1 chœur | 1 choir
1 chef d’orchestre (invisible) | 1 conductor (invisible)

L’intégralité de cet opéra est sonorisé et comporte des parties d’électronique musicale. Contrairement à d’autres opéras du cycle LICHT, le Salut et L’Adieu sont exécutés dans la salle de concerts // The totality of Dienstag features sound projection and electronic music. Unlike other LICHT operas, the Greeting and the Farewell are played inside the concert hall.

Création mondiale | Premiere of the opera
28 mai 1993, Opéra de Leipzig, Allemagne.

Création Le Balcon | Premiere of our version
23 octobre 2020 | October 23rd 2020

Durée totale | Total duration
2h30mn + 1 entracte/intermission

Le Salut du Mardi | Tuesday’s Greeting

Deux ensembles, représentant Lucifer et Michaël, s’affrontent musicalement et idéologiquement. Au centre de la scène, une soprano, représentant Eva, pleure leur conflit et les supplie de se réconcilier.

Two ensembles, representing Lucifer and Michael, are fighting musically and ideologically. At the center of the stage, Eve cries and begs them to reconcile.

Acte 1 : La Course de l’année | The Course of the Year

Lucifer invite Michaël à une « Course de l’année », un défi au cours duquel il arrêtera le temps, Michaël devant tenter de le remettre en mouvement. À quatre reprises, Lucifer stoppera le temps, ayant recours pour cela à des « tentations » (des mets délicieux, une femme plantureuse, un orage…) et à quatre reprises, Michaël le remettra en mouvement avec des « incitations » (une importante somme de marks est promise au vainqueur, un singe se rue sur scène en voiture de sport…). Lucifer, non sans ironie, déclare Michaël vainqueur du combat et lui recommande de se préparer à une bataille bien plus féroce.

Lucifer invites Michael to a « Course of the Year » : four times, Lucifer freezes time, using « temptations », and four times, Michael sets it in motion again, using « incitations ». Lucifer congratulates ironically Michael as the winner of this strange game, and warns him to brace himself for a much tougher battle.

Acte II : Invasion – Explosion avec adieu | Invasion – Explosion with Farewell

Dienstag laisse alors le comique derrière lui pour se tourner vers le tragique. La scène, et au-delà, la salle de concert toute entière est transformée en champ de bataille. Les groupes d’instruments sont des régiments d’artillerie qui s’affrontent. L’un des trompettistes, touché, s’effondre sur le sol. Une infirmière de la croix-rouge le prend dans ses bras. Ils jouent un duo déchirant.

La bataille reprend, les troupes de Michaël, en difficulté, battent en retraite. Les combattants de Lucifer s’emploient à percer l’entrée de leur refuge. Les combattants disparaissent. Un nouveau monde se découvre alors, illuminé d’une lumière blanche.

Un musicien exubérant et euphorique nommé Synthifou apparaît, harnaché de synthétiseurs et de hauts-parleurs. De plus en plus extatique, il joue un solo spectaculaire et futuriste, diffusant couleurs et lumières autour de lui. Les belligérants s’arrêtent et le regardent, fascinés, avant de disparaitre dans les limbes. Son décompte final, de treize à un, marque la fin du Mardi de Lumière.

The stage and the concert hall have transformed into a battleground. The instrumental groups are war regiments that fight without mercy. One of the trumpet players is suddenly wounded, and collapses on the floor. A red-cross nurse holds him in her arms. They play a moving duet.

The battle starts again again ; the troops of Michael, struggling, beat a hasty retreat. Lucifer fighters invades their shelter. The fighters disappear. We discover a world illuminated by white lights. A mythical musician appears, playing an exuberant ‘fou-turistic’ keyboard solo, irradiating lights and colors until everything disappears.