Donnerstag aus Licht

Opéra


Donnerstag aus Licht est le premier des sept opéras de Karlheinz Stockhausen réunis sous le titre Licht

K. Stockhausen l’écrit de 1978 à 1980 en s’inspirant de sa propre vie : dans l’acte 1, on suit le jeune Michael, un ange incarné sur terre par un jeune garçon aux talents musicaux prodigieux, dans ses relations tourmentées avec ses parents, sa rencontre avec l’Autre féminin, et son passage d’un Examen redoutable. Dans l’acte II, on le suit à travers un tour du monde. L’acte III le voit revenir sur sa planète, Sirius. La couleur de Donnerstag est le bleu.

Le Balcon, avec le Jeune Chœur de Paris, le CRR de Paris et l’Orchestre Impromptu, a donné la création française en novembre 2018 à l’Opéra Comique de Paris. Cette version fut reprise les 21 et 22 mai 2019 au Royal Festival Hall (Southbank Centre) de Londres.

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Opera in a greeting, three acts and a farewell (1978-80). 

When, in 1977, Stockhausen set about writing a cycle of operas for the days of the week, it was with the Thursday instalment he began, probably because this would be devoted to the whole endeavour’s hero, Michael.

Premiere of Le Balcon’s version was in November 2018, at Opéra-Comique, Paris. It was then presented in London, the 21st and 22nd of May, 2019, at the Royal Festival Hall (Southbank Centre). 

English text of Maxime Pascal below

Il y a une évidence dans la rencontre entre Le Balcon et Stockhausen, dans cette volonté commune de placer la transversalité artistique au centre de notre réflexion. Donnerstag aus Licht mélange des instruments, des voix, des danseurs, et dans le cadre de cette production, nous avons travaillé avec des spécialistes du design vidéo, sonore, des professeurs de danse ou encore des fabricants de lasers lumineux. Dès la création du Balcon, il y a eu une découverte immersive des différentes parties de Donnerstag, ce qui nous a progressivement orientés vers cette quête du spectacle total stockhausenien.

Le langage de Karlheinz Stockhausen sert une idée principale : donner à voir la musique, car ce que le spectateur voit est, de fait, de la musique au même titre que ce qu’il entend. Pour matérialiser cette idée, il faut analyser des partitions mais aussi des photographies, des schémas, des plans et un grand nombre de textes. Stockhausen a élaboré une notation du geste et de la danse, composé une musique utilisant les sons des pas et les rythmes des déplacements, et a écrit des arguments scéniques à grande échelle comme des didascalies précises au-dessus des notes. Il est intéressant de constater que cette conception d’ensemble des paroles, de la musique et du geste lui a été inspirée par une multiplicité de traditions théâtrales orientales, découvertes lors de voyages que raconte justement la deuxième partie de Donnerstag aus Licht.

L’étude d’une œuvre de Stockhausen demande tellement d’efforts physiques et intellectuels pour les interprètes que la musique finit par intégrer leur corps. La rencontre de l’interprète avec l’œuvre est riche, dans l’intensité et la continuité : elle devient une partie de chacun. L’enjeu est donc, pour l’interprète, de coupler l’assimilation de cet art total avec l’expression de son moi intime au travers de son personnage. Cet enjeu est profondément différent, que l’on soit danseur, instrumentiste, chanteur, sonorisateur ou chef d’orchestre.

Fascinés par cette musique, nous souhaitons la retransmettre avec notre savoir-faire, non seulement au public mais aussi aux jeunes artistes qui défendront peut-être cette musique à l’avenir. Dans l’acte III de Donnerstag, nous sollicitons donc les musiciens adolescents de l’Orchestre à cordes du CRR de Paris. Au début des répétitions, ils ne connaissaient rien de cette musique, mais ils m’ont communiqué une curiosité inouïe. Au cours des semaines qui ont suivi, ils sont passés de découvertes en découvertes dans l’étude de cette écriture si particulière. Je suis très heureux du chemin que nous avons parcouru ensemble, comme avec le Jeune chœur de Paris et l’Orchestre Impromptu. Quoi qu’il arrive désormais, Stockhausen aura traversé leur vie, aura contribué à modeler leur oreille de musicien. Le travail avec ces trois ensembles a été central pour moi.

Maxime Pascal, directeur musical.

Donnerstag – jeudi – est le premier des sept opéras de Karlheinz Stockhausen réunis sous le titre Licht.

En donnant à son cycle, composé sur vingt-deux ans, le nom de Lumière, et en attribuant à chaque opéra le nom d’un jour de la semaine, Karlheinz Stockhausen a donné à cette oeuvre gigantesque la dimension d’une nouvelle création du monde. Derrière une telle entreprise, on entend un écho de l’oeuvre d’art totale romantique, mais il faut remonter plus loin, jusqu’aux ballets et aux opéras du Grand Siècle, pour retrouver ce désir de créer un univers symbolique qui raconte la vie et les actions d’un homme en les reliant aux grands mythes de l’Humanité.

En essayant de se rapprocher, le temps d’un opéra, de l’enfant qu’il a été, Stockhausen fait voir et entendre une volonté à l’œuvre : celle de transformer les événements arbitraires et fragmentés de la vie, de se confronter à ses démons personnels et aux violences de l’Histoire, pour, malgré tout, en faire naître un sens. Donnerstag est une tentative de repousser, par le pouvoir de la musique, les limites de la vie humaine : « Il faut que ça se présente à l’auditeur comme une chose inouïe, comme une chose inexplicable, comme la vie, que je ne peux expliquer. » K.S.

Benjamin Lazar, metteur en scène

MUSIC FOR THE XXIst CENTURY

Stockhausen deeply changed the relationship between space, time and music; he imagined a theatre of the future, combining electronics with the metamorphosis of the space and the circulation of sound in the concert hall to explore questions of acoustic properties that much newer forms of technology are still probing today. His musical expressiveness flowed directly from his perception of space and time, and embraced a human, intimate dimension as well.

Stockhausen was convinced that music transforms humans, saying «that which absorbs music, becomes the music». His music demands that you listen; it requires active engagement so the noises can resonate inside you. The rewards are immeasurable; his music has been a seminal influence on my musical life, and on Le Balcon, the new music company that I co-founded in Paris a decade ago in pursuit of a « total art », which embraces Stockhausen’s artistic vision.

Licht was composed over a 26-year period from 1977, with each opera named after a day of the week and represented by a different colour and planet. Licht is unparalleled, no-holds-barred music and spectacle of breathtaking vision and ambition – famously, a quartet for four helicopters played from the sky features as part of another of the Licht operas, Mittwoch.

Stockhausen’s ambition is huge: in his approach there is a will to go beyond all the traditional limits of the operatic world and also a profound desire to change the way the spectator listens to the world. In a world soaked in mass culture, the idea of «total art» ought to be diverting, like it was in the last century, yet it remains unquestionably difficult to fully grasp Stockhausen; the true nature of his mysticism should be seen in the context of his entire output.

I believe that our society is beginning to reshape, so that social hierarchy becomes less important than a desire to create a horizontal ‘common ground’ between humans. It’s a reshaping that perhaps permits us to better understand what Stockhausen was setting out to explore in his operas. The 20th century opened with Stravinsky’s Rite of Spring, the 21st century with Stockhausen’s Licht, music made for our ears.

Maxime Pascal
Le Balcon, artistic director

Le Balcon

Direction musicale, Maxime Pascal
Mise en scène, Benjamin Lazar
Décors et costumes, Adeline Caron
Lumières, Christophe Naillet, Sébastien Böhm
Vidéo, Yann Chapotel
Réalisateur en informatique musicale, Augustin Muller
Projection sonore, Florent Derex
Chef de chant, Alain Muller
Chef de chœur, Richard Wilberforce
Transmission de la danse, Emmanuelle Grach
Collaborateur artistique, Alphonse Cemin[/lgc_column]

Michael ténor, Damien Bigourdan ou Hubert Mayer (acte I), Safir Behloul (acte II)
Michael trompette, Henri Deléger
Michael danseur, Emmanuelle Grach
Eva soprano, Léa Trommenschlager (acte I), Elise Chauvin (acte II)
Eva cor de basset, Iris Zerdoud
Eva danseuse, Suzanne Meyer
Luzifer basse, Damien Pass
Luzifer trombone, Mathieu Adam
Luzifer danseur, Jamil Attar
Pianiste accompagnateur de Michael, Alphonse Cemin
Paire d’Hirondelles-clowns, clarinettes, Alice Caubit, Ghislain Roffat
Deux anges, saxophones, Darius Moglia, Eléonore Brundell
Une vieille dame, Bernadette Le Saché
Messager, Antoine Amariutei (étudiant au DSJC)
Michael enfant, Ilion Thierrée

Orchestre : Le Balcon

Chœur, jeune chœur de Paris
Orchestre acte III, Orchestre à cordes du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris
Orchestre du « Michels-Ruf », Orchestre Impromptu
 
Nouvelle production, Opéra Comique, Le Balcon
Coproduction, Opéra National de Bordeaux
Reprises, Southbank Centre, Londres

Editeur, Stockhausen Verlag

ARTISTIC FORCES

Thursday’s Greeting

11mn – Foyer

Chamber orchestra (brass, piano, percussions).

Acte I – La Jeunesse de Michael | Michael’s Youth 

1h02mn

1 soprano | 1 soprano
1 ténor | 1 tenor
1 basse | 1 bass singer
3 danseurs | 3 dancers
1 trompette solo | 1 solo trumpet
1 cor de basset solo | 1 solo bassethorn
1 trombone solo | 1 solo trombone
1 piano | 1 piano

ENTRACTE // INTERMISSION

Acte II – Le Voyage de Michael autour de la terre | Michael’s Journey Around the Earth
55mn

1 trompette solo | 1 solo trumpet
1 cor de basset solo | 1 solo bassethorn
2 clarinettes solo | 2 solo clarinets
1 trombone solo | 1 solo trombone
1 tuba solo | 1 solo tuba
1 flûte solo | 1 solo flute
1 orchestre de 27 musiciens | 1 orchestra (27 musicians)

ENTRACTE // INTERMISSION

Acte III : Le Retour de Michael | Michael’s Return

1 soprano | 1 soprano
1 ténor | 1 tenor
1 basse | 1 bass singer
1 trompette solo | 1 solo trumpet
1 cor de basset solo | 1 solo bassethorn
1 trombone solo (dansant des claquettes) | 1 solo trombone (tapdancing)
2 saxophones solo (deux anges) | 2 solo saxophones (2 angels)
3 danseurs | 3 dancers 

1 chœur (50 à 60 chanteurs) | 1 choir (50-60 singers)
1 orchestre (60 musiciens) | 1 orchestra (60 musicians)
1 actrice (la vieille dame) | 1 actress (‘The Old Lady’)

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DR Meng Phu.

Acte I : Kindheit – répétition
Suzanne Meyer
Mise en place de l’acte III (Festival).
Acte I : Kindheit
La MÈRE (Léa Trommenschlager)
Acte I : Kindheit
Le PÈRE (Damien Pass)
Acte I : Mondeva
PÈRE (Damien Pass, Mathieu Adam, Jamil Attar).
Acte I : Mondeva
Michael ténor (Damien Bigourdan), Mondeva (Iris Zerdoud), le PÈRE (Damien Pass)
Acte I : Mondeva
Mondeva (Iris Zerdoud), Michael ténor (Damien Bigourdan)
Acte I : Examen
Michael ténor (Damien Bigourdan)
Acte I : Examen
Michael trompettiste (Henri Deléger)
Acte I : Examen
Michael danseur (Emmanuelle Grach)
Acte II : Michaels Reise
Michael (Henri Deléger)
Acte II : Michaels Reise
Maxime Pascal (direction), Ghislain Roffat et Alice Caubit (clarinettes)
Acte II : Michaels Reise
Michael (Henri Deléger) et Eva (Iris Zerdoud)
Acte II : Michaels Reise
Alice Caubit, Ghislain Roffat (anges clarinettistes)
Acte II : Michaels Reise
Mathieu Adam (trombone), Alice Caubit (clarinette), Ghislain Roffat (clarinette), Maxime Morel (tuba)
Acte II : Michaels Reise
Eva (Iris Zerdoud), Michael (Henri Deléger)
Acte II : Michaels Reise
Benoit Coutris (trombone), Alice Caubit (clarinette).
Acte II : Eva danseuse (Suzanne Meyer)
Acte II : Michaels Reise
Maxime Morel (tuba), Henri Deléger (trompette).
Acte III : Festival
Entrée du chœur céleste
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Jamil Attar

Acte III : Vision
Emmanuelle Grach (danse), Safir Behloul (ténor), Henri Deléger (trompette).

Acte III – Vision Emmanuelle Grach (danse), Henri Deléger (trompette), Safir Behloul (ténor).

Revue de presse // Press reviews (Opéra Comique, Paris / Southbank Centre, London) : 

Livret en allemand :

Livret en français :