Montag aus Licht

Opéra

Production : octobre 2020.

Montag – lundi -, est le troisième des sept opéras réunis sous le titre Licht. Il est centré sur le personnage d’Eva, l’un des trois archétypes du cycle, avec Michael et Lucifer.

Lundi – jour de la lune – est un jour centré sur la partie féminine de l’humanité. C’est à la fois le jour de l’amour, de la mère et de la fertilité. L’opéra tout entier se déroule au bord de la mer, dont les sons mystérieux sont intégrés à la musique.

Cet opéra est aussi celui de l’enfance ; à la fois celle des personnages stockhauseniens qui apparaissent, enfantés par une statue géante d’Eva ; et à la fois celle des musiciens, le compositeur faisant appel à un chœur d’enfants, ainsi qu’un chœur de jeunes filles.

L’opéra est une grande cérémonie magique s’inspirant des traditions japonaises, chrétiennes, égyptiennes, grecques et romaines.

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Montag – Monday from Light – is the third of the seven operas written by Karlheinz Stockhausen, assembled under the name LICHT. It is centered on the character of Eve, one of the three archetypes of the cycle, with Michael and Lucifer.

Monday, the day of the moon, focuses on the feminine part of humanity. It is, all at the same time, the day of love, of motherhood, of erotism and fertility. The whole opera takes place on a beach, with the mysterious sounds of sea weaving with the music.

The opera is also a magnificent dream of childhood : children characters are imagined through the three acts ; also, it features music written for children choirs.

Like many works written by K. Stockhausen, Monday from Light resemble to a great magical ceremony, inspired by japanese, christian, egyptian, greek and roman traditions, as well as the composers visions.

Salut du Lundi |Monday’s Greeting – 34mn

Bande : Cors de basset, claviers électroniques, sonorisateur | Tape : Bassehorn, electronic keyboards, sound projectionnist. 

Acte 1 : Le Premier enfantement d’Eva | Eve’s first birthgiving – 1h33mn

  • 3 sopranos | 3 sopranos
  • 3 ténors | 3 tenors
  • 1 basse | 1 bass
  • 1 acteur | 1 actor
  • 1 chœur de femmes | 1 women choir
  • 1 chœur d’enfants (7 sopranos et 7 altos) 1 orchestre moderne (3 synthétiseurs, 1 percussionniste, bande). | 1 ‘modern orchestra’ (3 synthetizers, 1 percussionist, tape)
  • 1 chef d’orchestre (invisible) | 1 conductor (invisible)
  • 1 sonorisateur | 1 sound projectionnist
  • Bande | Tape

Acte II | Le Second enfantement d’Eva | Eve’s Second Birthgiving – 1h06mn

  • 7 jeunes chanteurs masculins | 7 solo boys singers
  • 1 soliste + 3 cors de basset | 1+3 bassethorns
  • 1 pianiste | 1 pianist
  • Chœur de 21 actrices | Choir played by 21 actresses
  • Chœur de jeunes filles | Girls choir
  • Orchestre moderne | ‘Modern orchestra’
  • Sonorisateur | Sound projectionnist

Acte III : La Magie d’Eva | Eve’s Magic – 57mn
Cor de basset |
Bassethorn
Flûte alto avec piccolo |
Alto flute with piccolo
Chœur |
Choir
Chœur d’enfants |
Children choir
Chef d’orchestre (invisible jusqu’à l’arrivée d’Ave) |
Conductor (invisible until the entrance of Ave)
Orchestre moderne |
‘Modern orchestra’
Sonorisateur |
Sound projectionnist

Adieu du Lundi | Monday’s Farewell – 28mn
Bande : flûte piccolo, multiples voix de soprano, claviers électroniques, sonorisateur |
Tape : piccolo flute, multiple soprano voices, electronic keyboards, sound projectionnist.

Création mondiale | Premiere of the opera
7 mai 1988, Teatro Alla Scala, Milan

Création Le Balcon | Premiere of our version
Octobre 2020

Philharmonie de Paris
Grande salle Pierre Boulez
Festival d’automne à Paris
Durée |
Duration : 4h38mn.

English version below

Le Salut du lundi
Les spectateurs, entrant dans le foyer du théâtre, voient une sculpture représentant Eva, dans sa version portant le nom de « Cœur de Basset », qui apparaît à l’acte II et III du Lundi de Lumière. La statue est entourée d’une douzaine de photographies grandeur nature d’Eva, dans des positions correspondant à l’interprétation des notes du noyau de la formule musicale d’Eva. Les spectateurs ont l’impression que le foyer tout entier se trouve sous l’eau. La musique à quatre canaux du Salut du Lundi est projetée tout autour du foyer.

Acte 1 : Le Premier enfantement d’Eva
Le Lundi de Lumière est célébré comme une commémoration rituelle auprès d’une statue géante d’Eva au bord de la mer. Eva, nue, est assise sur le sable, s’appuyant en arrière à l’aide de ses bras. Elle est aussi grande qu’un phare, et son regard est tourné vers la mer. Dans la gorge transparente de la sculpture, Eva – incarnée par trois chanteuses – fredonne et chante ses noms secrets, et chante la consécration des jours de la semaine. Des femmes riant et chantant arrivent, apportant des chariots, des petits bateaux, des vêtements, des éponges, des paniers, des échelles et des parasols. Elles lavent le visage d’Eva et la préparent pour la célébration de l’enfantement. Des voix d’hommes résonnent comme provenant des profondeurs de la mer. Les étapes de l’enfantement humain sont exprimées oralement et visuellement, à travers la croissance de neuf lunes, et un premier enfantement a lieu.
Le Premier enfantement d’Eva donne naissance à sept étranges créatures hybrides, mi-humaines, mi-animales : un garçon avec une tête de lion, des jumeaux comme une paire d’hirondelles, un garçon avec une tête de cheval, des triplés de garçons-perroquets, une perruche et un petit chien.
Au cours d’une averse, sept Heinzelmännchen (nains issus du folklore provenant de la région de Cologne) naissent également d’Eva et viennent au monde en effectuant des sauts périlleux. Émergeant du crépuscule, une apparition noire de Lucifer hulule « Répugnant ! » et disparaît.
Les trois Eva (sopranos) chantent un premier Air de Naissance, en remerciement de l’enfantement des deux fois sept créatures, accompagnées par un chœur de femmes et les hommes invisibles cachés dans la mer.

Un voilier transportant trois marins apporte fruits, boissons, fleurs et un cygne. Ils chantent le Deuxième air de naissance, accompagnés par les Eva soprano et le chœur. Après un « Adieu ! », les marins et les Eva se séparent.
Les garçons-animaux et les Heinzelmännchen entament les Cris de garçons, et roulent dans les chariots conduits par des femmes tout autour de la plage, pour le grand plaisir des trois Eva chanteuses. Le tempo augmente, et ils finissent par se cogner et tomber les uns sur les autres, poussant une multitude de cris. Un vendeur de glaces sur une bicyclette leur apporte un peu de réconfort.
Un monstrueux Lucipolype, (une « double-pieuvre » noire) émerge de la mer, chante, crie, couine, grogne, croasse son dégoût avec un alphabet magique allant de « la-tsa-fa afa » à « tsy-tsyn-tsyt ! ».
Les trois Eva descendent. À l’énonciation de chaque lettre de cet alphabet, elles protestent avec les femmes et les enfants, qui bégayent, sifflent, hurlent et enfin, se précipitent vers Lucipolype, et l’enterrent vivant dans le sable.
Les trois Eva chantent : « Toujours, toujours, toujours Lucipolype gâche la fête ! » et remontent dans la sculpture-phare.
Les femmes cachent les garçons sous leurs jupes et chantent Les Grandes lamentations, alors qu’il pleut et grêle. De temps en temps, elles crient leur désarroi devant l’impertinence des jeunes garçons.
Vêtu comme un pêcheur d’eau profonde, Lucifer émerge de la mer, sous la pluie, enrage, pousse un cri qui se transforme peu à peu en hennissement, observe les garçons, pointe le ventre d’Eva et hurle : « Tout le monde y retourne !! Tout recommence depuis le début !!! ». Les garçons se précipitent dans le ventre. Tout le monde les regarde. Soudain, il crie d’une voix rauque : « Prenons une pause ! ».

Acte II : Le Deuxième enfantement d’Eva
Le deuxième acte, Le Deuxième enfantement d’Eva, commence avec la cérémonie mystique de la Procession de jeunes filles. Des chanteuses brisent des morceaux de glace sur le rivage gelé. Un chœur de jeunes filles s’approche : « Mère Eva, nous, vos enfants, jubilons ». Les jeunes filles tiennent des bougies et marchent en procession vers la sculpture d’Eva. Un piano de concert apparaît alors entre les jambes de la sculpture d’Eva.

Un pianiste-perruche joue la pièce Fécondation avec pièce pour piano, et les jeunes filles l’accompagnent en chantant. Dans la pièce qui suit, Re-naissance, les sept garçons de la semaine naissent au chant du chœur de jeunes filles : du garçon du lundi au garçon du dimanche.
Les femmes font fondre des blocs de glace dans des chaudrons placés sur des âtres, et cherchent des sculptures de verre qui présentent les formes complexes de tubes, de fioles, et les remplissent de vapeur, qui refroidit et se condense en eau, coulant sur le verre.
Le cœur de la sculpture d’Eva s’ouvre. Cœur de basset y descend d’un escalier de verre. Elle joue Le Chant d’Eva. L’un après l’autre, les garçons sont amenés à Cœur de basset qui, au cours du Cercle de la Semaine, joue à chacun d’entre eux sa propre chanson qu’il chante ensuite : la Chanson du lundi jusqu’à la Chanson du dimanche. Les garçons ont un grand sens musical, imitant parfaitement les septs Chants de la semaine avec humour.
Après la Chanson du dimanche, Cœur se multiplie de façon magique en trois autres joueuses de cor de basset, Busi, Busa et Muschi, qui émergent l’un après l’autre de la sculpture d’Eva et viennent à elle. Les femmes s’arrêtent de faire fondre de la glace. Elles remplissent des arrosoirs et arrosent la terre, enclenchent des fontaines et disparaissent discrètement.
Cœur et les joueuses de cor de basset commencent une danse synchrone, dansent autour des garçons avec de plus en plus d’exubérance, disparaissent et réapparaissent en d’autres lieux, les troublent et les envoûtent. Finalement, elles séduisent les garçons et les entraînent avec eux. On entend des sons, des bruits, des appels et des cris aigus érotiques, un orage lointain. Un garçon lance : « éteins la lumière ».
Pendant cette Initiation, qui se termine derrière la grande statue d’Eva, une pelouse verte pousse sur le sable.

Acte III : La Magie d’Eva
La Magie d’Eva commence. Cœur revient seule, timide, parmi les sculptures de verre. On entend une flûte jouer, au loin. Les garçons, qui sont devenus des hommes, s’approchent de Cœur avec curiosité et chantent leur adoration.
Des femmes arrivent, toutes excitées, et délivrent le Message : « un musicien est arrivé. Tout le monde dit qu’il a des pouvoirs magiques. » Elles s’éloignent en courant, dans de grands éclats de rire.
Cœur joue un magnifique – et séduisant – solo pour les hommes, qui chantent un hymne d’admiration pour « le cor de basset, magicien parmi les instruments » pendant que la flûte invisible continue, en fond.

Accompagnée par les femmes, une flûtiste habillée en jeune homme court vers Cœur en jouant. Elles interprètent un duo émouvant. Le chœur commente par les paroles suivantes : « Bruire, bruissement enivrant, BRIGHT du lundi, Echo de Susani, Ave flûtiste, vert argent comme Eva, lueur claire du lundi ».
Eva et la flûtiste (nommée Ave) jouent leur duo en prenant de magnifiques et audacieuses poses, avec de nombreux clins d’œil érotiques. La scène se termine dans une pose entrelacée, par un baiser sur la main.
Pendant ce temps-là, de nombreux enfants ont rejoint les autres, curieux. Soudain, la flûtiste oriente son attention vers les enfants, abandonnant Eva qui – heurtée et malheureuse – revient dans le cœur de la sculpture d’Eva. Les adultes sont troublés et partent, mal à l’aise. Quelque chose de mystérieux flotte dans les airs. Ave devient La Charmeuse d’enfants.
Celle-ci entame un jeu virtuose avec les enfants, grâce auquel elle les captive à travers des séquences de magie sonore, surréalistes et effrayants. Elle appâte et entraîne les enfants, avec ses enchantements, dans son monde musical. Les enfants l’imitent systématiquement ; mais elle joue rythmiquement tout de manière à ce que les enfants deviennent progressivement des marionnettes, ce qui ralentit progressivement leurs mouvements dans un grand ritardando ; ils deviennent immobiles puis se remettent bouger. Cela arrive plusieurs fois, jusqu’à ce que La Charmeuse ait transformé complètement les enfants en jouets pendant L’Abduction, pendant laquelle elle joue la formule d’Eva sur une flûte piccolo en deux fois treize variations. Les enfants, enchantés, chantent la formule aussi souvent qu’elle le fait – de plus en plus aigu – et sont entraînés par la Charmeuse sur un chemin céleste menant au paradis.
Les sons du piccolo et les voix des enfants disparaissent au loin et se transforment en cris d’oiseaux.
La grande statue d’Eva se ride, se dessèche et se transforme en une vieille montagne. De petits buissons, des animaux, des fleurs et des ruisseaux apparaissent sur sa peau. Avec des cris perçants, de grands oiseaux blancs volent dans toutes les directions, et entourent la montagne Eva, leurs ailes battant lentement. Au loin, les cris des enfants-oiseaux peuvent être entendus jusque dans le foyer.

L’Adieu du lundi
Alors que les spectateurs quittent les lieux, ils sont entourés dans le foyer par le son de ces enfants-oiseaux. Ils voient une sculpture grandeur nature de Ave jouant du piccolo avec deux enfants, entourée de douze photos d’elle, dans l’ordre de la formule d’Eva. Le foyer est plein de nuages verts. Pendant une longue durée, la musique de L’Adieu du lundi peut être entendue comme une polyphonie de voix d’enfants – qui sont devenus des appels d’oiseaux – et des mélodies de piccolo.

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Monday’s greeting
Upon entering the theatre foyer, the audience sees a life-like EVE sculpture of the basset-horn player Cœur de Basset, who appears in Acts II and III of MONDAY from LIGHT. This is surrounded by 12 life-size photographs of 12 of her playing positions set up in the order of the notes of the mirrored EVE nuclear formula. The impression is that the entire foyer is underwater. The four-channel basset-horn music of MONDAY GREETING sounds from all around.

Act 1
MONDAY from LIGHT is celebrated as a regularly recurring ritual commemoration at a large EVE sculpture by the sea. EVE, naked, is seated in the sand leaning back on her hands. She is as large as a lighthouse, and looks towards the sea. It is a moonlit night. In the transparent throat of the sculpture, EVE – as the figures of three women – hums and sings her secret names and the consecration of the days of the week. Laughing and singing women arrive, bringing beach carts and vessels, cloths, sponges, baskets, ladders, umbrellas with them. They wash the figure and prepare her for a celebration of birth. Men’s voices sing like the souls of invisible seamen who live in the sea. The individual stages of human birth are experienced aurally and visually in nine moons of development and a first birth-giving with four labour pains in early morning flood-waves.
EVE’S FIRST BIRTH-GIVING procreates seven strange human-animal hybrids: a boy with a lion’s head, twin boys as a pair of swallows, a boy with a horse’s head, triplet boys as parrot, budgerigar, little dog.
In a rain shower, 7 Heinzelmännchen1 somersault out of the EVE figure as well. Out of the dusk, a black Lucifer-appearance emerges, hoots “Repulsive!” and disappears.
The three EVE sopranos sing a First BIRTH-ARIA in gratitude for the birth of the two-times-seven boys, accompanied by the women’s choir and the invisible seamen.
A sailboat carrying three sailors brings fruits, beverages, flowers, a swan. They sing a Second BIRTH-ARIA, accompanied by the EVE sopranos and the choir. With an ADIEU! the sailors and the EVES take leave of each other.
The animal boys and Heinzelmännchen begin a BOYS’ HULLABALOO and are driven around in beach carts by the women to a Baby Buggy Boogie (with spicy refreshment pauses) – to the delight of the three EVE sopranos – until an increasingly rapid tempo ends in a crash and all fall over each other into a screaming tangle. An ice-cream vendor on a bicycle brings little relief.

A monstrous LUCIPOLYP surfaces from the sea as black double-octopus, sings, hisses, squeaks, grunts, caws his disgust about the disaster with a magic alphabet from “la-tsa-fa afa” to “tsry-tsyn-tsyt!”
The three EVES climb down. From letter to letter they protest togethe with the women and children, who stutter, hiss, yell, and finally – shrieking – rush at LUCIPOLYP and bury him alive in the sand.
The EVE sopranos sing: “Always, always, always LUCIPOLYP spoils the game!” and they climb back into the lighthouse sculpture.
The women conceal the boys beneath their skirts and sing THE GREAT WEEPING from under umbrellas as it hails and rains. From time to time, they scream in dismay about the impertinence of some of the boys.
Draped as a deep sea fisherman, LUCIFER emerges from the sea in the rain, rages, yells (becoming increasingly hoarse), stares at the boys, points to the womb, and explodes: “Everyone back in!! The whole thing again from the start !!!” The boys dash back into the womb. Everyone stares after them. Suddenly he calls hoarsely: “Let’s take a break !”

Act II
The second act, EVE’S SECOND BIRTH-GIVING, begins with the mystical ceremony of a GIRLS’ PROCESSION. Singing women hack off chunks of ice at the frozen shore. A girls’ choir approaches: “Eve Mother, we your children jubilate.”
The girls are holding burning candles and move in a procession to the EVE sculpture. There, a concert grand piano rolls between the legs of the EVE sculpture. A budgerigar as pianist plays a CONCEPTION with PIANO PIECE, the girls sing along. In the REBIRTH which ensues, the seven boys of the week are born to the singing of the girls’ choir: Monday-boy to Sunday-boy.
Women melt chunks of ice in cauldrons over hearths, fetch glass sculptures shaped like intricate tubes, spheres, vials and fill them with the steam, which cools and condenses into water flowing through the glass sculptures.
The heart of the EVE sculpture opens. Cœur de Basset descends a glass staircase. She plays EVE’S SONG. One after another, the boys are brought to Cœur de Basset, who – in CIRCLE OF THE WEEK – plays to each of them his own song which he then sings himself: Monday-song to Sunday-song. The boys are very musical, and imitate perfectly the seven SONGS OF THE DAYS with a great deal of humour.

Following the Sunday-song, Cœur multiplies herself into three BASSET-TEASES Busi, Busa and Muschi, who emerge one after another from the EVE sculpture and come to her. The women stop melting ice. They fill transparent watering cans with the collected water and sprinkle the earth, hook up water fountains and inconspicuously disappear.
From now on, dancing and playing, Cœur and the Basset-teases confuse the boys and skillfully seduce them to an INITIATION ending behind the large EVE. The boys sing in a drawn-out way:
MONDAY
Moon-light (hot is the start of the week) EVE-day – Birth of the children Rushing – Courage Green Silver-green – Basset-horn Water – Smelling Ceremony and Magic.
During INITIATION a green lawn has grown out of the sand. A second intermission follows.

Act III
EVE’S MAGIC begins. Cœur returns alone, plays to herself, introverted, among the glass sculptures. A flute sounds in the distance. The boys, who have now grown up into men, curiously approach her in large numbers and sing in adoration.
Women come running up excited and bring the NEWS: “A musicus has arrived. Everyone says that he has magic powers.” Then they run away again, laughing. EVE-Cœur plays a seductively beautiful solo for the men, who sing a hymn of admiration for “Basset-horn, magician among the instruments”, while the invisible flute sounds in the background.
Accompanied by the women, a female flutist dressed as a young man comes running up to Cœur-Eve, playing. The two of them begin a moving duet. The women voicelessly call: “Rushing ravishing rushing…”, individually inserting: “Monday’s-Bright – AVE flute player – silver-green like EVE.” At this, the men enter polyphonically with “Monday’s-Bright…” and “Susani’s Echo…”.
EVE and AVE play their duet with many beautiful and daring poses, ravishing dancing, humour, a lot of charm and erotic allusions. To this, the choir sings its polyphonic commentaries with soloistic interjections, and the scene ends with the two of them in an elegant, entwined pose and a kiss on the hand.
Meanwhile, many children have joined the others, curious. Suddenly, AVE turns her attention towards the children, abandoning EVE who – shocked and disappointed – retreats back into the heart of the EVE sculpture. The adults are equally dismayed and confused, and leave, uneasy. Something unearthly is in the air. AVE turns into the PIED PIPER.

She begins a virtuoso game with the children, during which she completely captivates the children through all sorts of magic, circus-like, spooky, crazy surrealistic sound scenes. She lures the children increasingly into her spell, into her musical world. The children always imitate her. She constantly plays something for them, and the children sing and act identically. But she rhythmically forms everything in such a fashion that the children gradually become like marionettes, which jerkily slow down in huge ritardandi, remain immobile and then gradually get back into motion.
This happens several times, until AVE has finally turned the children into her playthings to such an extent that she takes them away with her in the ABDUCTION, during which she plays the EVE formula on the piccolo flute in 2 x 13 variations. The children, enchanted, sing the formula as often as she does – higher and higher – and are enticed by the musicus along a heavenly street into heaven.
The sounds of the piccolo and the children’s voices disappear in the distance and transform into bird calls.
During this, the large EVE figure becomes wrinkled and shrivelled and transforms into an old mountain. Small bushes, shrubs, animals, flowers and brooks spring from her skin. With crescendoing high cries, large white birds fly in from all directions, and circle the Eve mountain, wings beating slowly. Far away, the children-bird-cries can be heard, continuing in the foyer.

Monday’s Farewell
As the members of the audience leave, in the foyer they are surrounded by the sound of these swarms of piccolo-children-birds. They see a life-size figure of the piccolo-playing AVE with two children, surrounded by pictures of her in 12 poses corresponding to the order of the notes in the EVE nuclear formula. The entire foyer is submerged in green clouds. For a long time, the music of MONDAY FAREWELL can be heard as a polyphony of children’s voices – which have become bird calls – and of piccolo melodies.

en cours de réalisation

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in progress