Bhakti, composée en 1982 par le britannique Jonathan Harvey, est bien plus qu'une œuvre musicale : c'est une véritable cérémonie. Le mot sanskrit bhakti désigne la dévotion, l'élan de l'âme vers le divin, et c'est précisément cette atmosphère de rituel que la musique cherche à faire naître.

L'œuvre se déploie en douze mouvements, chacun associé en secret à un hymne du Rig-Veda, l'un des textes sacrés les plus anciens de l'humanité. Comme Debussy plaçait ses titres en bas de page après les Préludes, Harvey glisse ces références en fin de mouvement ; un commentaire discret, découvert après coup, qui éclaire rétrospectivement ce que l'on vient d'entendre.

Ce qui frappe d'emblée, c'est la rencontre entre musiciens en chair et en os et sons électroniques diffusés dans l'espace. Harvey pensait l'électronique comme une musique de l'invisible : à l'image de l'orgue d'église dont on entend le son sans voir les mains jouer, ou de la cloche au sommet d'un clocher, les haut-parleurs font surgir une présence sonore sans visage. Les instrumentistes se retrouvent parfois à jouer avec leurs propres doubles préenregistrés, dans un jeu de miroirs entre le réel et l'irréel, le présent et le lointain.

D'un mouvement à l'autre, l'auditeur voyage entre des paysages sonores contrastés, se laissant porter par une sensation d'apesanteur. On ne suit pas une histoire, mais on se laisse traverser par une succession de mondes, comme les facettes d'un kaléidoscope, jusqu'à ne plus très bien distinguer ce qui vient de la scène et ce qui vient de l'air ambiant.

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26 nov. 26
19:30
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Jonathan Harvey | Bhakti
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Le Balcon - Bhakti

Bhakti