Myrtille Debièvre

scénographe

Le parcours de Myrtille Debièvre se comprend comme une suite d’explorations : exploration des espaces naturels, du matériau brut, et des points de rencontre entre la multitude de pratiques artistiques qui traversent sa vie. Elle grandit à Suzette, dans le Vaucluse, où l’isolement naturel et la proximité des horizons montagneux imprègnent son imagination. Myrtille découvre la musique – guitare classique, accordéon – et le théâtre au lycée. À cette époque, la scénographie lui apparaît comme la manière idéale de combiner ses aspirations techniques et artistiques. Elle étudie les arts plastiques à l’Université d’Aix-en-Provence de 2001 à 2003, puis intègre le cursus d’études théâtrales, ce qui lui permet non seulement de concevoir les décors de pièces étudiantes, mais aussi de découvrir la régie ainsi que l’interprétation dramatique. 

Après une année de recherche dans le Master consacré à la scénographie, Myrtille effectue un grand voyage avec son frère en Espagne, au Maroc et au Portugal. Elle découvre à Séville, dans l’enceinte de l’église Saint-Louis des Français, le Centre Andalou de Théâtre et son école des techniques du spectacle. Elle prend la décision d’y revenir pour y étudier la construction de décors et la machinerie, tout en développant sa technique d’artiste peintre, ce qui lui permettra de vendre des premières toiles au marché dominical sévillan sur la place du musée des Beaux-Arts, entre les jasmins, les citronniers et les orangers. 

Elle complète son année d’étude à Cracovie (Pologne) dans un atelier de construction de décor, dans lequel elle travaille pour des productions opératiques et théâtrales. 

Revenue en France, elle travaille deux ans à l’Opéra d’Avignon (2009-2011) en tant qu’accessoiriste, où son habileté à la peinture décorative est remarquée, et continue deux ans à Avignon de manière indépendante. 

En 2013, Myrtille s’installe à Paris et continue de travailler sur des projets de décor et de scénographie avec diverses productions. C’est là qu’elle fait la connaissance du Balcon, et travaille sur le projet du Balcon de Peter Eötvös, au Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet. Le Balcon lui permet de maîtriser toutes les étapes du processus de scénographie : conception, construction, montage, exploitation. Un schéma qu’elle recommence l’année suivante, en 2015, sur l’opéra La Métamorphose de Michaël Levinas

À partir de l’été 2016, Myrtille prend en charge la régie générale des concerts et des spectacles du Balcon. Parmi les spectacles qu’elle a supervisés, citons Jakob Lenz de Wolfgang Rihm (2016), Dracula de Pierre Henry (2017) et Donnerstag aus Licht (2018) de Karlheinz Stockhausen, au Théâtre National de l’Opéra-Comique, première étape du plus long cycle opératique de l’Histoire. 

Ce qui caractérise le mieux Myrtille Debièvre, c’est peut-être cette rapidité d’apprentissage des techniques du plateau, doublée d’une vision artistique aiguisée. Les expositions de ses œuvres – Verdures (2011), Fluides (2012), Synopsie (2013), Antre (2014) – témoignent de son attrait pour la lumière, les matières naturelles, les fluides et les développements organiques. Elle chante des chansons andalouses et mexicaines, et rêve de parvenir, dans un futur proche, à la réunion de ses pratiques artistiques, qui sont autant de chants intérieurs sur le point de se reconnecter. 

avril 2019.