Donnerstag aus Licht

opéra


Donnerstag aus Licht est le premier opéra que Karlheinz Stockhausen a écrit pour le cycle Licht, de 1978 à 1980. Il dévoile la jeunesse de Michaël, double du compositeur, ange incarné parmi les hommes. Le premier acte présente ainsi l’enfance tourmentée du jeune Michaël, la disparition tragique de ses parents, son examen d’admission au conservatoire. Le deuxième acte représente son tour du monde à la rencontre de multiples cultures ; c’est là qu’il tombe véritablement amoureux des humains. Dans le troisième acte, il revient sur Sirius, sa planète, et tandis qu’il est accueilli par une grande fête cosmique donnée en son honneur, Michaël ressasse avec mélancolie les épisodes de sa vie terrestre.

Production : Opéra Comique, Le Balcon
Coproduction : Opéra national de Bordeaux
Reprise : Southbank Centre, Londres.

avec le soutien de la Fondation Orange, Fabernovel, La Fugue.

Effectif : 16 solistes, orchestre, chœur & électronique
Couleur : bleu | Corps céleste : Jupiter | Qualités spirituelles : amour et sagesse

Donnerstags Gruss | Salut du Jeudi

Dans le foyer, le public est accueilli par un orchestre de chambre jouant la formule de Michaël, une mélodie exprimant l’identité profonde du personnage principal du Jeudi de Lumière.

Acte I : Michaels Jugend | Jeunesse de Michaël

Michaël, enfant d’une famille modeste, démontre des dons musicaux exceptionnels. De sa mère Eva, il apprend à chanter, plaisanter et, lorsqu’elle se dédouble en danseuse, à danser et se laisser séduire. De son père Luzimon, maître d’école, il apprend à prier, chasser et jouer la comédie. Les tensions familiales se multiplient. Sa mère dépressive tente de se suicider. Internée, elle subit des mauvais traitements. Herman, frère de Michaël, meurt dans les bras de son père qui se met à boire puis part pour la guerre.

Apparaît Mondeva, une fille des étoiles – mi femme mi oiseau jouant du cor de basset. Michaël tombe amoureux. Alors qu’il découvre sa musique à travers leurs jeux érotiques, sa mère est euthanasiée et son père tué au front. Mondeva, « témoin du plus bel enfant des humains », disparaît dans son vaisseau spatial. Enfin, Michaël passe un triple examen au conservatoire. Devant un jury, il raconte trois fois son enfance, en chantant, jouant de la trompette et en dansant. Le jury, euphorique, s’exclame : « Admis ! Bien entendu, admis ! ».

Acte II : Michaels reise um die erde | Voyage de Michaël autour de la Terre

Le voyage est instrumental : l’instrument de Michaël est la trompette ; l’orchestre est le monde. Les musiciens sont assis autour du globe. Michaël joue sa formule comme un adieu, puis monte dans le globe qui commence à tourner. Son voyage comprend sept étapes : Cologne, New York, le Japon, Bali, l’Inde, l’Afrique Centrale et Jérusalem. À chacune des sept stations paraît Michaël pour converser avec les musiciens. À la sixième station, Michaël entend un appel du cor de basset et ordonne de rebrousser chemin. Lorsque l’on entend à nouveau l’appel, Eva (dont Mondeva était l’une des incarnations) apparaît à lui. Deux clowns se moquent d’eux, montent sur le globe, jouent de la clarinette et sont attaqués par les trombones. On entend les notes tenues de Michaël et Eva. Ils s’approchent, leur mélodie plaintive remplit l’espace. Dans la pénombre, elles s’unissent en un trille qui s’évanouit.

Acte III : Michaels Heimkehr | Le retour de Michaël | Michael’s Return

Michaël rentre dans sa résidence céleste. Eva lui a préparé un festival pour fêter son retour. Avec 5 chœurs, 5 groupes orchestraux et un orchestre à cordes, Eva chante un hymne à son arrivée et lui offre des présents célestes. Lucifer interrompt les festivités, se moque de Michaël, de son sentimentalisme et de sa naïveté, et disparaît, amer. Désormais seul, sous sa triple apparence, Michaël se remémore doucement les épisodes de sa vie terrestre. Il déclaré être tombé amoureux des humains, « malgré Lucifer, malgré Satan, malgré tout », et salue le public, marquant la fin du Jeudi de Lumière.

Donnerstags-Abschied | L’adieu du jeudi | Thursday Farewell

Alors que le public sort de l’opéra, cinq trompettistes jouent des segments de la formule de Michaël, disséminés (et cachés) dans les rues adjacentes, sur les toits, les fenêtres, ou des échafaudages. L’adieu de l’œuvre au public est également un adieu du personnage lui-même, qui nous entoure de ses sonorités mais redevient invisible à nos yeux.

Il y a une évidence dans la rencontre entre Le Balcon et Stockhausen, dans cette volonté commune de placer la transversalité artistique au centre de notre réflexion. Donnerstag aus Licht mélange des instruments, des voix, des danseurs, et dans le cadre de cette production, nous avons travaillé avec des spécialistes du design vidéo, sonore, des professeurs de danse ou encore des fabricants de lasers lumineux. Dès la création du Balcon, il y a eu une découverte immersive des différentes parties de Donnerstag, ce qui nous a progressivement orientés vers cette quête du spectacle total stockhausenien.

Le langage de Karlheinz Stockhausen sert une idée principale : donner à voir la musique, car ce que le spectateur voit est, de fait, de la musique au même titre que ce qu’il entend. Pour matérialiser cette idée, il faut analyser des partitions mais aussi des photographies, des schémas, des plans et un grand nombre de textes. Stockhausen a élaboré une notation du geste et de la danse, composé une musique utilisant les sons des pas et les rythmes des déplacements, et a écrit des arguments scéniques à grande échelle comme des didascalies précises au-dessus des notes. Il est intéressant de constater que cette conception d’ensemble des paroles, de la musique et du geste lui a été inspirée par une multiplicité de traditions théâtrales orientales, découvertes lors de voyages que raconte justement la deuxième partie de Donnerstag aus Licht.

L’étude d’une œuvre de Stockhausen demande tellement d’efforts physiques et intellectuels pour les interprètes que la musique finit par intégrer leur corps. La rencontre de l’interprète avec l’œuvre est riche, dans l’intensité et la continuité : elle devient une partie de chacun. L’enjeu est donc, pour l’interprète, de coupler l’assimilation de cet art total avec l’expression de son moi intime au travers de son personnage. Cet enjeu est profondément différent, que l’on soit danseur, instrumentiste, chanteur, sonorisateur ou chef d’orchestre.

Fascinés par cette musique, nous souhaitons la retransmettre avec notre savoir-faire, non seulement au public mais aussi aux jeunes artistes qui défendront peut-être cette musique à l’avenir. Dans l’acte III de Donnerstag, nous sollicitons donc les musiciens adolescents de l’Orchestre à cordes du CRR de Paris. Au début des répétitions, ils ne connaissaient rien de cette musique, mais ils m’ont communiqué une curiosité inouïe. Au cours des semaines qui ont suivi, ils sont passés de découvertes en découvertes dans l’étude de cette écriture si particulière. Je suis très heureux du chemin que nous avons parcouru ensemble, comme avec le Jeune chœur de Paris et l’Orchestre Impromptu. Quoi qu’il arrive désormais, Stockhausen aura traversé leur vie, aura contribué à modeler leur oreille de musicien. Le travail avec ces trois ensembles a été central pour moi.

Maxime Pascal, directeur musical.

Donnerstag – jeudi – est le premier des sept opéras de Karlheinz Stockhausen réunis sous le titre Licht.

En donnant à son cycle, composé sur vingt-deux ans, le nom de Lumière, et en attribuant à chaque opéra le nom d’un jour de la semaine, Karlheinz Stockhausen a donné à cette oeuvre gigantesque la dimension d’une nouvelle création du monde. Derrière une telle entreprise, on entend un écho de l’oeuvre d’art totale romantique, mais il faut remonter plus loin, jusqu’aux ballets et aux opéras du Grand Siècle, pour retrouver ce désir de créer un univers symbolique qui raconte la vie et les actions d’un homme en les reliant aux grands mythes de l’Humanité.

En essayant de se rapprocher, le temps d’un opéra, de l’enfant qu’il a été, Stockhausen fait voir et entendre une volonté à l’œuvre : celle de transformer les événements arbitraires et fragmentés de la vie, de se confronter à ses démons personnels et aux violences de l’Histoire, pour, malgré tout, en faire naître un sens. Donnerstag est une tentative de repousser, par le pouvoir de la musique, les limites de la vie humaine : « Il faut que ça se présente à l’auditeur comme une chose inouïe, comme une chose inexplicable, comme la vie, que je ne peux expliquer. » K.S.

Benjamin Lazar, metteur en scène

Le Balcon

Direction musicale, Maxime Pascal
Mise en scène, Benjamin Lazar
Décors et costumes, Adeline Caron
Lumières, Christophe Naillet, Sébastien Böhm
Vidéo, Yann Chapotel
Réalisateur en informatique musicale, Augustin Muller
Projection sonore, Florent Derex
Chef de chant, Alain Muller
Chef de chœur, Richard Wilberforce
Transmission de la danse, Emmanuelle Grach
Collaborateur artistique, Alphonse Cemin

Michael ténor, Damien Bigourdan ou Hubert Mayer (acte I), Safir Behloul (acte II)
Michael trompette, Henri Deléger
Michael danseur, Emmanuelle Grach
Eva soprano, Léa Trommenschlager (acte I), Elise Chauvin (acte II)
Eva cor de basset, Iris Zerdoud
Eva danseuse, Suzanne Meyer
Luzifer basse, Damien Pass
Luzifer trombone, Mathieu Adam
Luzifer danseur, Jamil Attar
Pianiste accompagnateur de Michael, Alphonse Cemin
Paire d’Hirondelles-clowns, clarinettes, Alice Caubit, Ghislain Roffat
Deux anges, saxophones, Darius Moglia, Eléonore Brundell
Une vieille dame, Bernadette Le Saché
Messager, Antoine Amariutei
Michael enfant, Ilion Thierrée

Orchestre : Le Balcon

Chœur, jeune chœur de Paris
Orchestre acte III, Orchestre à cordes du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris
Orchestre du « Michels-Ruf », Orchestre Impromptu
 
Nouvelle production, Opéra Comique, Le Balcon
Coproduction, Opéra National de Bordeaux
Reprises, Southbank Centre, Londres

Editeur, Stockhausen Verlag

Détail des effectifs artistiques : 

Salut du Jeudi 
11mn – Foyer
Orchestre de chambre

Acte I – La Jeunesse de Michael
1h02mn
1 soprano
1 ténor
1 basse
3 danseurs
1 trompette solo
1 cor de basset solo
1 trombone solo
1 piano

ENTRACTE

Acte II – Le Voyage de Michael autour de la terre
55mn
1 trompette solo
1 cor de basset solo
2 clarinettes solo
1 trombone solo
1 tuba solo
1 flûte solo
1 orchestre de 27 musiciens

ENTRACTE

Acte III : Le Retour de Michael
1 soprano
1 ténor
1 basse
1 trompette solo
1 cor de basset solo
1 trombone solo (dansant des claquettes)
2 saxophones solo (deux anges)
3 danseurs

1 chœur (50 à 60 chanteurs)
1 orchestre (60 musiciens)
1 actrice (la vieille dame)

DR Meng Phu.

Acte I : Kindheit – répétition
Suzanne Meyer
Mise en place de l’acte III (Festival).
Acte I : Kindheit
La MÈRE (Léa Trommenschlager)
Acte I : Kindheit
Le PÈRE (Damien Pass)
Acte I : Mondeva
PÈRE (Damien Pass, Mathieu Adam, Jamil Attar).
Acte I : Mondeva
Michael ténor (Damien Bigourdan), Mondeva (Iris Zerdoud), le PÈRE (Damien Pass)
Acte I : Mondeva
Mondeva (Iris Zerdoud), Michael ténor (Damien Bigourdan)
Acte I : Examen
Michael ténor (Damien Bigourdan)
Acte I : Examen
Michael trompettiste (Henri Deléger)
Acte I : Examen
Michael danseur (Emmanuelle Grach)
Acte II : Michaels Reise
Michael (Henri Deléger)
Acte II : Michaels Reise
Maxime Pascal (direction), Ghislain Roffat et Alice Caubit (clarinettes)
Acte II : Michaels Reise
Michael (Henri Deléger) et Eva (Iris Zerdoud)
Acte II : Michaels Reise
Alice Caubit, Ghislain Roffat (anges clarinettistes)
Acte II : Michaels Reise
Mathieu Adam (trombone), Alice Caubit (clarinette), Ghislain Roffat (clarinette), Maxime Morel (tuba)
Acte II : Michaels Reise
Eva (Iris Zerdoud), Michael (Henri Deléger)
Acte II : Michaels Reise
Benoit Coutris (trombone), Alice Caubit (clarinette).
Acte II : Eva danseuse (Suzanne Meyer)
Acte II : Michaels Reise
Maxime Morel (tuba), Henri Deléger (trompette).
Acte III : Festival
Entrée du chœur céleste
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Acte III : Festival
Jamil Attar

Acte III : Vision
Emmanuelle Grach (danse), Safir Behloul (ténor), Henri Deléger (trompette).

Acte III – Vision Emmanuelle Grach (danse), Henri Deléger (trompette), Safir Behloul (ténor).

Revue de presse // Press reviews (Opéra Comique, Paris / Southbank Centre, London) : 

Livret allemand

Livret français